Le prothésiste dentaire

Qu’il travaille sur des prothèses fixes ou amovibles, qu’il conçoive des couronnes, des bridges, des dents sur pivot ou une complète arcade dentaire, le prothésiste est à la fois artisan et artiste. Il travaille selon les directives du chirurgien-dentiste, du stomatologue ou de l’orthodontiste à partir d’empreintes prises sur les patients. La position de la prothèse dans la bouche pouvant entraîner d’importantes variations de conception, chaque prothèse sera un travail particulier qui nécessite l’utilisation de nombreuses techniques de sculpture, de modelage ou encore de fonte, avec des matériaux comme la cire, le plâtre, les alliages dentaires, les matériaux composites, et bien sûr la céramique. Le métier exige à la fois une grande dextérité, beaucoup de patience et de minutie, mais aussi un vrai sens esthétique pour imiter le plus fidèlement une dentition originale. La part d’informatique occupe une place désormais importante dans l’enseignement puisque la conception et la fabrication assistées par ordinateur (CFAO) est devenu un outil quotidien dans les laboratoires de prothèse dentaire. Le prothésiste pourra exercer en France mais aussi à l’international. Le savoir-faire tricolore étant très apprécié, il n’est pas rare que les prothésistes français soient recrutés dans de grands laboratoires étrangers ou y lancent leur propre structure. Le prothésiste titulaire du BTS peut gagner entre 1800 et 2200 euros par mois en début de carrière. Deux grandes formations mènent au métier. Tout d’abord le bac professionnel Prothèse dentaire, qui forme des techniciens qualifiés capables de concevoir et de réaliser les principaux types de prothèses sous l’autorité d’un chef de laboratoire. Ensuite le BTS Prothésiste dentaire qui permet, lui, d’acquérir des savoirs approfondis dans le domaine de la prothèse, de même qu’un certain nombre de connaissances en gestion, en comptabilité ou encore en fiscalité. De quoi permettre au titulaire de ce diplôme de diriger à terme son propre laboratoire, comme le font 25% des diplômés moins de 5 ans après leur sortie de l’école.

Assistant dentaire

Salarié et collaborateur direct du chirurgien-dentiste, l’assistant(e) dentaire travaille à ses côtés dans chacune des tâches quotidiennes qu’implique la gestion d’un cabinet. Accueillir et installer les patients, prendre les rendez-vous, mener à bien les tâches administratives et comptables, gérer les stocks de matériels, assister le chirurgien-dentiste dans ses actes médicaux en préparant par exemple les instruments nécessaires à l’intervention, ses tâches sont extrêmement variées, et relèvent tout autant de l’organisation que du médical. Compte tenu de leur grande proximité, une véritable entente avec le chirurgien-dentiste est indispensable pour que le binôme fonctionne parfaitement. Principales qualités à posséder : la ponctualité, l’autonomie, ou encore le sourire. A noter qu’il s’agit d’un métier très largement féminin, mais reste ouvert aux hommes. Ce métier demande de détenir le titre d’assistant(e) dentaire qualifié(e). De niveau bac, cette formation de 18 mois se prépare en alternance. Elle est donc rémunérée. Le bac n’est pas obligatoire pour entreprendre ces études, mais des baccalauréats bac pro Accompagnement, soins et services à la personne, ou le bac techno Sciences et technologies de la santé et du social sont néanmoins recommandés. Un(e) assistant(e) dentaire peut toucher 1500 euros bruts en début de carrière.

Des carrières extrêmement variées

Isabelle Dutel, fondatrice de l’Académie d’Art Dentaire Isabelle Dutel, Meilleur ouvrier de France 1997

Quelle est la « carrière type » d’un prothésiste dentaire ?

Il n’y a pas de débouché à proprement dit classique, tant les carrières de nos diplômés sont extrêmement variées. Certains prothésistes vont ainsi concevoir et fabriquer seuls leurs prothèses au sein d’un tout petit atelier. D’autres, au contraire, vont travailler dans de grands laboratoire pouvant regrouper plusieurs dizaines de spécialistes. Il est aussi possible à nos diplômés d’évoluer immédiatement ou après quelques années vers des métiers à caractère beaucoup plus commercial ou de démonstration. Ils travailleront alors le plus souvent pour de grands équipementiers. Ces carrières peuvent par ailleurs se dérouler en France mais aussi à l’international. Les exemples ne manquent pas de professionnels qui, dès leur diplôme ou après quelques années de pratique, ont tenté leur chance en Europe ou encore aux Etats-Unis. Le savoir-faire français est en effet très apprécié hors de l’Hexagone.

L’heure semble cependant au développement d’importants laboratoires avec des équipements de plus en plus sophistiqués…

Auparavant largement majoritaires, les prothésistes travaillant en « solo » sont en effet moins un peu moins nombreux aujourd’hui. Confrontée à une concurrence internationale venu de pays où produire à bas coût est facile, notre activité évolue de plus en plus vers la conception de prothèses haut-de-gamme. Des dispositifs de très haute précision qu’il faut pouvoir produire suffisamment rapidement pour demeurer rentable. Ce challenge n’est possible qu’avec des équipements très modernes –je pense par exemple par exemple aux matériels de Conception et de fabrication assistée par ordinateur et aux usineuses. Ces appareils étant relativement couteux, les prothésistes décident souvent de se regrouper pour disposer de plus de moyens afin de s’équiper. Cela dit, l’artisan-prothésiste n’a pas disparu, bien au contraire. L’activité est suffisamment importante pour permettre de très nombreuses manières de travailler.

Autre métier en important développement : celui d’assistant(e) dentaire…

Les chirurgiens dentistes ayant plus que jamais besoin de se focaliser sur les soins dentaires ou encore la pose d’implants, il leur est plus que jamais nécessaire de confier toutes les tâches « annexes » à des assistants(es) qualifiées. Des personnes capable de les seconder efficacement dans leur travail dont la formation devient de plus en plus complexe et nécessaire. C’est pourquoi l’Académie d’Art Dentaire Isabelle Dutel a récemment lancé ce type de programme sur trois de ses quatre campus.

Témoignages

  • J’ai été formé dans cette école pendant 4 ans ! J’ai réussi à trouver ma voie et ça m’a permis de trouver un poste à la fin de ma formation !
    Après une formation de 2 ans à l’Académie, j’ai choisi d’orienter mon projet vers une carrière commerciale. Aujourd’hui cela fait 10 ans que je suis technico-commercial et je suis devenu cadre chez Heraeus Kulzer !
    Je suis diplômée de 2014. J’ai passé 4 ans à l’Académie (Campus de Paris) : Bac pro + BTS ( toute première promo du BTS ! ).  Suite à ça j’ai occupé plusieurs postes dans différents laboratoires. Je maîtrise parfaitement les outils digitaux comme les scanner 3D et les imprimantes 3 D, et aujourd’hui je suis prothésiste conseil chez Excellab !